ILAT 2026 : indexation, révision et déplafonnement du loyer de vos bureaux

Façade d'un immeuble haussmannien abritant des bureaux, rue de Provence, dans le 9e arrondissement de Paris

Mis à jour le 3 novembre 2026, à jour de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique.

Dernière valeur de l'ILAT

  • 2e trimestre 2026 : 138,01, soit +0,63 % sur un an.
  • Publié par l'INSEE le 23 septembre 2026 (Informations rapides n° 228).
  • Trimestre précédent : 137,42 au 1er trimestre 2026, soit +0,09 % sur un an.
  • Prochaine publication, pour le 3e trimestre 2026 : attendue fin décembre 2026. Cette page sera mise à jour.

L'ILAT, indice des loyers des activités tertiaires, est l'indice de référence des loyers de bureaux en France. Il sert à indexer chaque année le loyer d'un bail commercial ou professionnel de bureaux, et il plafonne la révision triennale du loyer. Après des hausses de plus de 6 % en 2023, il est presque stable depuis un an. Voici ses dernières valeurs, la méthode de calcul, les clauses à surveiller, et ce qui se passe au renouvellement du bail.

L'ILAT en une phrase

L'ILAT est un indice trimestriel publié par l'INSEE, qui combine pour moitié l'évolution des prix à la consommation, pour un quart celle du coût de la construction et pour un quart celle du produit intérieur brut en valeur. Il s'applique aux baux des activités tertiaires autres que commerciales et artisanales : bureaux, professions libérales, plateformes logistiques.

IndicePour quiUsage
ILATBureaux, activités tertiaires, professions libérales, entrepôts logistiquesIndexation et révision des loyers de bureaux
ILCCommerces et artisansactivités inscrites au RCS ou au répertoire des métiersIndexation et révision des loyers commerciaux
ICCAncien indice de référenceAbandonné pour la révision légale depuis la loi Pinel de 2014

Un bail de bureaux qui vise encore l'ICC n'est pas nul, mais le plafonnement de la révision triennale se calcule désormais sur l'ILAT. Lors de la signature d'un nouveau bail, choisissez l'ILAT.

Les huit derniers trimestres

TrimestreILATVariation sur un an
2e trimestre 2026138,01+0,63 %
1er trimestre 2026137,42+0,09 %
4e trimestre 2025137,21-0,06 %
3e trimestre 2025137,07-0,04 %
2e trimestre 2025137,15+0,51 %
1er trimestre 2025137,29+1,60 %
4e trimestre 2024137,29+2,69 %
3e trimestre 2024137,12+3,76 %

Pour comparaison, l'ILAT valait 130,64 au 2e trimestre 2023, avec une hausse de 6,51 % sur un an. Les loyers indexés ont donc fortement progressé en 2023 et 2024, puis presque plus du tout depuis le milieu de 2025 : deux trimestres ont même été légèrement négatifs.

Calculer une indexation

La formule est la même pour tous les baux :

Nouveau loyer = loyer de référence × (nouvel indice ÷ indice de référence)

L'indice de référence est celui que désigne le bail, souvent le dernier publié à la signature ou le trimestre de la date d'effet. Le nouvel indice est celui du même trimestre, un an plus tard pour une indexation annuelle.

Exemple 1 : une indexation annuelle en 2026

Un bail de bureaux de 120 000 € HT par an, indexé chaque année sur l'ILAT du 2e trimestre. Indice de référence : 137,15 (2e trimestre 2025). Nouvel indice : 138,01 (2e trimestre 2026). Nouveau loyer : 120 000 × 138,01 ÷ 137,15 = 120 752 € HT, soit +0,63 %, environ 750 € de plus par an.

Exemple 2 : sur trois ans

Le même loyer, fixé en 2023 sur l'ILAT du 2e trimestre 2023 (130,64), atteindrait aujourd'hui 120 000 × 138,01 ÷ 130,64 = 126 770 € HT, soit +5,64 % en trois ans.

Exemple 3 : quand l'indice baisse

Un bail indexé sur le 3e trimestre : 137,12 en 2024, 137,07 en 2025. Le loyer passe de 120 000 € à 119 956 € HT. La baisse est minime, mais elle est due : une indexation joue dans les deux sens.

Les clauses d'indexation à surveiller

L'indice et le trimestre de référence

Le bail doit désigner un indice précis, un trimestre de référence et une date d'indexation. Une rédaction floue, par exemple « le dernier indice connu » sans autre précision, ouvre la porte aux contestations quand la publication de l'INSEE tombe près de la date anniversaire.

La distorsion de période

L'article L112-1 du Code monétaire et financier répute non écrite toute clause qui fait varier l'indice sur une période plus longue que celle qui s'écoule entre deux indexations. Par exemple, une première indexation au bout d'un an calculée sur dix-huit mois de variation d'indice. La sanction ne porte que sur la partie de la clause qui crée la distorsion.

La clause qui ne joue qu'à la hausse

Certains baux prévoient que l'indexation ne s'applique qu'en cas de hausse de l'indice. La Cour de cassation juge cette stipulation réputée non écrite, car l'indexation suppose une variation à la hausse comme à la baisse (3e chambre civile, 30 juin 2021, n° 19-23.038 et n° 20-11.685). Elle a confirmé le 19 juin 2025 (n° 23-18.853) que seule cette stipulation tombe : le reste de la clause d'indexation reste valable. Avec deux trimestres négatifs en 2025, la question n'est plus théorique.

Le plafond d'indexation

Rien n'interdit de négocier un plafond, par exemple une hausse annuelle limitée à 3 %. Un mécanisme qui encadre la hausse et la baisse de façon symétrique est le plus sûr. La clause tunnel de la loi du 26 mai 2026, qui encadre la variation entre ±3 % et ±5 %, est réservée aux baux indexés sur l'ILC : pour des bureaux, un plafond ne peut venir que de la négociation.

La révision triennale du loyer

Indépendamment de toute clause d'indexation, l'article L145-38 du Code de commerce permet au bailleur comme au locataire de demander la révision du loyer trois ans au moins après l'entrée dans les lieux ou la dernière révision. La hausse est plafonnée à la variation de l'ILAT sur la période, sauf modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné une variation de plus de 10 % de la valeur locative. Même dans ce cas, pour les baux conclus ou renouvelés depuis septembre 2014, la hausse est limitée à 10 % du loyer de l'année précédente.

Quand le bail contient une clause d'indexation, l'article L145-39 ouvre une révision supplémentaire dès que le loyer a varié de plus de 25 % par rapport au prix fixé contractuellement ou par la dernière décision judiciaire. Avec un ILAT presque stable, ce seuil n'est pas près d'être atteint.

Le renouvellement : pas de plafond pour les bureaux

Pour la plupart des baux commerciaux, le loyer du bail renouvelé est plafonné à la variation de l'indice depuis la signature (article L145-34), sauf déplafonnement. Les bureaux font exception : l'article R145-11 du Code de commerce fixe leur loyer de renouvellement à la valeur locative, par comparaison avec les prix pratiqués pour des locaux équivalents.

Conséquence concrète : pas de plafonnement par l'ILAT, et pas de lissage de la hausse à 10 % par an. Si le marché a monté, le loyer de renouvellement peut bondir. S'il a baissé, il peut aussi diminuer, ce qui est un argument de négociation dans les quartiers où l'offre de bureaux est abondante. Avant un renouvellement, faites estimer la valeur locative ; et si le chiffre proposé vous paraît trop haut, partir à l'échéance reste une option à chiffrer.

Et en bail professionnel ou en bureau en prestation de services ?

En bail professionnel, l'indexation est entièrement contractuelle : pas de révision triennale légale, pas de règle de renouvellement. L'ILAT est l'indice le plus utilisé, mais le contrat peut en choisir un autre.

En bail dérogatoire, c'est la même logique : pas de révision légale, une indexation seulement si le contrat la prévoit.

En bureau en prestation de services, bureau opéré, centre d'affaires ou coworking, le prix est un prix de service, librement fixé. Beaucoup d'opérateurs appliquent une hausse annuelle fixe, souvent de 3 à 5 %, sans lien avec un indice. Avec un ILAT à +0,63 %, l'écart est important sur trois ans : c'est l'un des premiers points à négocier dans un bureau flexible.

Ce que coûte une hausse fixe, comparée à l'ILAT

Surcoût cumulé payé sur un contrat de trois ans, avec une hausse appliquée au début de la 2e et de la 3e année. L'hypothèse ILAT suppose que l'indice garde sa progression actuelle de 0,63 % par an.

Loyer de la 1re année (HT)Indexé sur l'ILAT (+0,63 %/an)Hausse fixe de 3 %/anHausse fixe de 4 %/an
30 000 €≈ 570 €≈ 2 730 €≈ 3 650 €
60 000 €≈ 1 140 €≈ 5 450 €≈ 7 300 €
120 000 €≈ 2 270 €≈ 10 910 €≈ 14 590 €
300 000 €≈ 5 680 €≈ 27 270 €≈ 36 480 €

Sur un poste de travail à 600 € par mois, une hausse fixe de 4 % représente environ 24 € de plus par mois dès la deuxième année, contre moins de 4 € avec l'indice actuel. L'argument n'est pas d'exiger l'ILAT à tout prix : un opérateur peut avoir de bonnes raisons de préférer un taux fixe, qui vous protège aussi en cas de reprise de l'inflation. Mais l'écart justifie de demander un plafond, ou un prix garanti la première année. Notre comparatif bail commercial ou prestation de services compare les deux modèles sur l'ensemble du coût.

Pour comparer tous les contrats possibles, lisez notre guide quel contrat choisir pour vos bureaux.

Questions fréquentes

Où trouver l'ILAT ?
Sur le site de l'INSEE, qui le publie chaque trimestre, environ trois mois après la fin du trimestre concerné. Desk to Desk met cette page à jour à chaque publication. Dernière valeur : 138,01 au 2e trimestre 2026, soit +0,63 % sur un an.
Quel indice pour un loyer de bureaux ?
L'ILAT, indice des loyers des activités tertiaires. L'ILC est réservé aux commerces et aux artisans, et l'ICC n'est plus utilisé pour la révision légale depuis 2014.
L'indexation du loyer est-elle automatique ?
Elle s'applique si le bail contient une clause d'indexation, à la date prévue, sans qu'il faille signer un avenant. Sans clause, seule la révision triennale est possible, à la demande d'une partie.
Le loyer peut-il baisser ?
Oui. Une indexation joue à la hausse comme à la baisse, et une clause qui l'exclut est réputée non écrite sur ce point. En 2025, deux trimestres de l'ILAT ont été légèrement négatifs.
Le bailleur peut-il rattraper une indexation oubliée ?
Oui, dans la limite de la prescription de cinq ans : il peut réclamer les sommes dues au titre des indexations des cinq dernières années.
Un loyer de bureaux est-il plafonné au renouvellement ?
Non. Pour des locaux à usage de bureaux, le loyer du bail renouvelé est fixé à la valeur locative, sans plafonnement par l'indice ni lissage de la hausse.

Ce guide ne remplace pas un avocat. Il présente les règles générales en vigueur au 3 novembre 2026. Avant de signer, de donner congé ou en cas de litige, faites relire votre situation par un avocat en droit immobilier.

Sources

On en parle ?

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